Lors de l’essai de la Mini cabriolet, je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais de la version survitaminée du cabriolet 4 places le plus accessible du marché.
Sur les traces du Monte-Carlo
Pour mieux suivre les traces des Mini victorieuses au Monte-Carlo dans les années 60, sur les célèbres routes du col du Turini, Mini france m’a permis de prendre en main d’autres modèles de la gamme JCW.
L’occasion de confronter deux versions que tout oppose :
- la Mini Hatch 3 portes, avec le même moteur thermique que le cabriolet et ses 231 chevaux.
- la Mini Aceman, le petit SUV électrique de la marque, que j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter en version Cooper S à deux reprises, ici en version boostée à 258 chevaux, soit un bon 10% de plus que la thermique.
Disclaimer : Une fois n’est pas coutume, je ne vous détaillerai pas les fiches techniques. Je n’entrerai même pas dans les détails des grilles tarifaires et des options.
Cet article est purement récréatif et ne parle que de plaisir de conduite.
Thermique ou électrique, qui gagne ?
Avant de répondre à cette question, je ne cacherai pas mon « léger » a priori en faveur du bon vieux moteur à explosion. Mais objectivement ?
Tout d’abord, comme sur le cabriolet, Mini n’a pas équipé sa 3 portes thermique de pneus sport (pourtant disponibles en option). À l’inverse, l’Aceman de notre essai est bien chaussé de Michelin Sport…
Aceman JCW
Je commence par la prise en main du SUV. Route mouillée, première accélération… je reste sur place. Aïe ! Ça commence plutôt mal : les pneus sport froids sur la route humide présentent une motricité désastreuse. Obligé de rouler avec un œuf sous le pied pour évoluer à un rythme « familial ». Dans ces conditions, inutile d’espérer attaquer, j’en profite donc pour faire quelques photos dans le brouillard.
J’aime toujours autant cet Aceman, et cette version JCW ajoute un look dynamique des plus agréables.
Pour être totalement transparent avec vous, je me verrais facilement en faire mon daily en remplacement de ma Cooper S cabriolet, qui est aujourd’hui un peu petite pour transporter toute la famille.
Au-delà du look, la direction trop légère des versions inférieures gagne ici en consistance, sans pour autant avoir la fermeté de la JCW thermique (j’y reviendrai). Dommage, car c’est précisément ce petit manque qui empêche l’Aceman de rivaliser pleinement sur ce terrain.
3 portes JCW
En passant sur la 3 portes, je suis clairement en terrain connu.
En conduite normale, impossible de faire la différence avec le cabriolet. On retrouve une direction ferme comme je l’aime (même si toujours moins ferme que sur l’ancienne génération), une motricité compliquée par la monte pneumatique choisie, et la disparition des pop and bang à l’échappement.
Étonnamment, en haussant le rythme, la différence de rigidité structurelle avec le cabriolet n’est pas flagrante. En revanche, le freinage révèle un écart net : le poids en moins permet de freiner bien plus tard. C’est là que la 3 portes montre toute sa supériorité mécanique : un outil plus précis, plus engagé, qui demande à être guidé autant qu’il vous guide.
Fight !
Me voici donc au volant de la 3 portes, un autre blogueur au volant de l’Aceman, mon objectif est de prouver la supériorité du thermique !
On est au pied du Turini, rendez-vous en haut : que le meilleur gagne !
La route est désormais sèche, on vient de faire la descente à bon rythme, les pneus sont donc à température.
C’est parti ! Première accélération : l’Aceman me distance directement de quelques mètres. J’ai beau être habitué aux voitures électriques et à leur couple disponible immédiatement, ça surprend toujours. Sur les lignes droites, mon 2 litres compressé n’arrive pas à rattraper le retard pris au démarrage. Si seulement j’avais eu moi aussi des pneus sport…
Bien entendu, au-delà de 100 km/h, mon moteur s’essouffle sans doute moins rapidement que celui de mon adversaire… mais nous grimpons un col, donc cet avantage potentiel à haute vitesse ne m’est d’aucun secours.
Reste mon « arme secrète » : le freinage. Premier freinage, je rattrape mon retard. En courbe, là où sa suspension un peu plus souple rend l’Aceman légèrement sous-vireur, la 3 portes affiche un comportement plutôt survireur amplifié par ses pneus, qui m’obligent à batailler avec le volant pour sortir proprement des épingles.
Justement, à la sortie des épingles, tandis que je bataille avec cet arrière un peu trop mobile, l’Aceman me refait le coup de son accélération fulgurante. Décidément, le match est bien plus serré que prévu !
And the winner is…
Heureusement pour mon honneur de « petrolhead », à deux lignes droites du sommet du col, l’Aceman ralentit.
Le diagnostic est clair : la batterie commence à chauffer et se met en sécurité. La puissance est bridée et ma 3 portes coiffe le SUV au poteau !
On conclut ?
Si votre passion est de monter des cols le couteau entre les dents, l’Aceman JCW peut trouver ses limites… mais soyons honnêtes : en usage normal, même en conduite dynamique, le résultat est plus qu’honorable.
En termes de comportement pur, la 3 portes l’emporte sans discussion : plus basse, plus légère, suspension plus ferme, direction plus consistante. Le couple de l’Aceman et ses meilleurs pneus ne suffisent pas à creuser l’écart de manière décisive.
Néanmoins, pour un SUV à vocation familiale, quel plaisir !
Alors, thermique ou électrique ?
Sur le papier, j’étais venu défendre le thermique. Sur la route, la réalité est plus nuancée.
Oui, la Mini 3 portes JCW garde l’avantage en sensations, en précision, en engagement. C’est elle qui donne le plus au conducteur, celle avec laquelle on lutte, celle avec laquelle on compose. Bref, celle qui fait battre le cœur.
Mais en face, l’Aceman JCW n’a rien d’un faire-valoir. Son couple instantané, sa facilité et son efficacité en sortie de virage en font une arme redoutable. Sans les contraintes thermiques de sa batterie sur ce type d’exercice extrême, l’issue aurait pu être différente et c’est bien là que réside le vrai message de ce match.
Ce duel ne désigne pas un vainqueur clair. Il illustre une bascule : celle d’un monde où l’électrique n’est plus une alternative… mais une autre forme de performance.
Je suis venu prouver que le thermique était supérieur, je repars en me demandant combien de temps il le restera !
















