Bienvenue à Madrid pour l’essai de la nouvelle Cupra Born. Il y a quelques mois, Pedro vous avait déjà fait découvrir les formes de cette nouvelle version de la compacte électrique de Cupra. Aujourd’hui, je vais vérifier si elle tient bien ses promesses. Et autant le dire tout de suite : la tâche ne va pas être facile, tant les attentes sont élevées.
D’une part, ce segment est particulièrement important pour Cupra. D’autre part, les premières générations de voitures électriques du groupe Volkswagen ont traîné derrière elles quelques problèmes de jeunesse. Même si la plupart ont été corrigés au fil du temps, on accueille avec intérêt cette nouvelle génération, chargée de redorer le blason électrique du groupe.
Le dynamisme avant la radicalité
Commençons par faire le tour de l’extérieur.
À côté de sa cousine ID.3, aux lignes très consensuelles, la Born affiche un dessin nettement plus agressif. Entre le « shark nose » à l’avant, le diffuseur à l’arrière et la nouvelle signature lumineuse, faisant la part belle aux triangles emblématiques de la marque, le résultat est du plus bel effet.
Tout au plus lui reprocherais-je une palette de couleurs un peu terne à mon goût. Blanc, noir, gris… et les deux seules teintes plus originales proposées, Bleu Aurore et Vert Estelle, aussi élégantes soient-elles, restent particulièrement sombres. Heureusement, les nombreuses touches cuivrées viennent apporter un peu de relief à l’ensemble.
Dans le cockpit
En passant à l’intérieur, la première chose qui saute aux yeux, ce sont les magnifiques sièges baquets, qui semblent nous supplier de prendre la route au plus vite. Avant cela, prenons le temps de faire le tour de l’habitacle.
L’ambiance reste très sombre, dominée par le gris et le noir, mais la présentation est soignée et les matériaux donnent globalement une bonne impression de qualité. Quelques plastiques plus ordinaires subsistent dans les parties basses, sans réellement nuire à l’ensemble.
Les touches cuivrées, l’éclairage d’ambiance et le bandeau lumineux capable de relayer certaines informations de conduite apportent heureusement un peu de « fun ». L’ensemble ne cherche pas à reproduire artificiellement un cockpit de voiture de sport, mais réussit à donner à cette Born une véritable personnalité, là où beaucoup de modèles électriques se contentent encore d’un intérieur minimaliste et impersonnel.
Face au conducteur, le combiné numérique de 10,25 pouces se montre clair, lisible et parfaitement positionné. Il est complété par un grand écran central de 12,9 pouces, qui inaugure un nouveau système d’exploitation basé sur Android. L’interface se montre moderne, fluide et nettement plus réactive que celle des premières électriques du groupe Volkswagen, dont le logiciel avait longtemps constitué l’un des principaux points faibles.
Le système reste par ailleurs compatible avec Apple CarPlay et Android Auto, ce qui permet de retrouver facilement les applications de son téléphone. Comme souvent aujourd’hui, certaines commandes tactiles demandent néanmoins un petit temps d’adaptation avant de pouvoir être utilisées sans trop détourner le regard de la route.
L’équipement est globalement complet, avec tout ce que l’on attend d’une compacte moderne : sièges chauffants, climatisation bizone, recharge du téléphone par induction, accès sans clé et aides à la conduite. Certaines fonctions plus sophistiquées restent toutefois réservées à des packs optionnels, ce qui pourra sembler un peu mesquin compte tenu du positionnement tarifaire de cette version VZ.
Notre voiture bénéficiait justement de l’un de ces packs, intégrant le système audio Sennheiser AMBEO. Ses dix haut-parleurs développent une puissance totale de 425 watts et utilisent la technologie AMBEO Concerto pour créer une scène sonore plus enveloppante. Dans un registre différent du système Dolby Atmos dont j’avais pu vous parler lors de l’essai de la Denza Z9 GT, ce n’est pas tant ici la spatialisation du son qui m’a marqué que sa fidélité. La transparence de la restitution est hors du commun, au point de m’avoir réellement bluffé. Une véritable plus-value, et tout simplement l’un des meilleurs systèmes audios d’origine qu’il m’ait été donné d’écouter dans une voiture.
Sportive dans l’intention
Place à la conduite : démarrage dans les rues de Madrid, les bonnes impressions ressenties en statique sont confirmées sur la route. Pas de bruit de mobilier, une insonorisation correcte et un confort acceptable (ferme, mais pas inconfortable) : le début du trajet se fait comme on peut s’y attendre au volant d’une compacte électrique.
Je profite également du mode One Pedal (même si, personnellement, je ne suis pas un grand amateur de la chose) avant qu’un passage par la voie rapide me permette de quitter la capitale et de rejoindre des routes plus intéressantes. Il est alors temps de rappeler que notre voiture n’est pas une simple Born, mais la VZ, la version la plus puissante de la gamme. Son moteur développe 325 chevaux et 545 Nm de couple, de quoi expédier le 0 à 100 km/h en 5,6 secondes et atteindre 200 km/h. Sur le papier, il y a largement de quoi s’amuser.
Dès le premier enchaînement de virages, je hausse le rythme. L’arrière commence à pivoter, avant d’être aussitôt rappelé à l’ordre par l’électronique. J’avais presque oublié que cette Born était une propulsion. Pour les amateurs de sensations, c’est évidemment une bonne nouvelle ; mais la fête tourne rapidement court, tant l’électronique se montre castratrice.
Dommage : on aurait aimé cette Cupra un peu plus délurée, d’autant qu’elle parvient assez bien à faire oublier ses deux tonnes. Cette masse reste néanmoins difficile à éviter avec une batterie utile de 79 kWh, censée lui permettre d’atteindre jusqu’à 631 km d’autonomie WLTP.
La recharge progresse, sans pour autant placer la Born parmi les meilleures du marché. Cupra annonce 29 minutes pour passer de 10 à 80 % sur une borne capable de délivrer les 183 kW acceptés par la voiture. Ce n’est pas mauvais, mais certaines concurrentes font désormais mieux.
La concurrence
La Cupra Born VZ est affichée en France à 49 670 €, hors options. À ce tarif, elle reste une compacte : avec environ 4,32 m de long, elle conserve un gabarit proche de celui d’une Volkswagen Golf, tout en proposant 325 chevaux, une batterie utile de 79 kWh et jusqu’à 631 km WLTP.
La concurrente la plus évidente est évidemment la Volkswagen ID.3 GTX Performance, sa proche cousine technique. Longue d’environ 4,26 m, elle est légèrement plus courte que la Born. Elle développe 326 chevaux, abat le 0 à 100 km/h en 5,7 secondes et est affichée en France à partir de 47 990 €, soit 1 680 € de moins que la Cupra Born VZ à 49 670 €. Face à elle, la Born joue donc surtout la carte du style et de la personnalité : les prestations mécaniques sont quasiment identiques, mais la Cupra assume une présentation plus agressive et une ambiance intérieure davantage tournée vers le conducteur.
Moins chère et plus puissante, la MG4 XPower adopte une stratégie beaucoup plus spectaculaire. Longue d’environ 4,29 m, elle évolue exactement dans le même encombrement que la Born. Ses deux moteurs et ses quatre roues motrices délivrent 435 chevaux, avec un 0 à 100 km/h expédié en 3,8 secondes. Son tarif catalogue atteint 41 140 €, soit plus de 8 000 € de moins que la Cupra. En contrepartie, sa batterie de 64 kWh ne lui permet de revendiquer qu’environ 405 km WLTP, tandis que sa recharge plafonne à 140 kW. Elle va donc beaucoup plus vite, mais sensiblement moins loin, et son habitacle n’offre ni la même qualité perçue ni le même raffinement.
Enfin, à l’opposé de la MG4, Mercedes propose un CLA, plus chère et moins puissant. Mais qui, avec près de 4,72 m de long, joue déjà dans la catégorie du dessus. Son CLA 250+ développe 272 chevaux et annonce jusqu’à 792 km WLTP, avec une architecture 800 V capable d’accepter jusqu’à 320 kW et de récupérer environ 325 km d’autonomie en dix minutes. Son prix de 54 300 € le positionne à plus de 4 000 € au-dessus de la Born VZ. La Mercedes est moins puissante et moins joueuse, mais sa supériorité en matière d’efficience, d’autonomie et de recharge est difficile à ignorer.
L’heure du choix
Je vais être franc : cette Cupra Born VZ est un véritable coup de cœur.
Sa ligne réussit à se montrer agressive sans tomber dans la caricature, son habitacle est bien fini et ses performances sont largement suffisantes pour se faire plaisir. Surtout, sa transmission aux roues arrière lui apporte ce supplément de caractère qui manque encore à beaucoup de compactes électriques.
Tout n’est pas parfait. La palette de couleurs extérieures manque un peu de fantaisie, tandis que l’habitacle aurait gagné à proposer des ambiances plus claires. L’électronique se montre également très interventionniste dès que l’on cherche à profiter du caractère propulsion de la voiture. Cela rassurera sans doute la majorité des conducteurs, mais frustrera ceux qui espéraient une VZ plus délurée.
Reste qu’avec 325 chevaux, un équipement riche, une vraie qualité de présentation et jusqu’à 631 km WLTP, la Born VZ propose un ensemble particulièrement homogène pour environ 50 000 €.
Elle n’est ni la plus puissante, ni la plus rapide à recharger, ni même la plus efficiente de sa catégorie. Mais elle possède quelque chose que les fiches techniques ne mesurent pas toujours très bien : une vraie personnalité. Et à l’heure du choix, c’est peut-être précisément ce qui fait la différence.














