Essai Skoda Epiq : le petit qui a tout d’un grand !

Essai Skoda Epiq : le petit qui a tout d’un grand !

08 Oct 2026 11 min de lecture Pedro Miguel Silva

Après sa présentation il y a quelques mois, le Skoda Epiq arrive enfin sur nos routes ! Basé sur la nouvelle plateforme du groupe : la MEB+, nous avions vu qu’il promettait une habitabilité généreuse et un tarif plus accessible que ses grands frères. Mais alors que vaut-il volant en main ? Pour le constater, nous sommes allés en prendre le volant dans le sud de la France afin de découvrir ce que propose le plus petit SUV électrique de la gamme !

 

 

 

Inspirations américaines

S’il se base sur la plateforme MEB+, l’Epiq se montre toutefois plus grand que le Cupra Raval ou que l’ID. Polo. En effet, ce dernier mesure 4m17 de long, pour 1m79 de large et 1m58 de haut. Malgré ça, il paraît encore plus grand que ce qu’il ne l’est réellement. Cette impression est due au nouveau langage stylistique Modern Solid préfiguré par le concept Vision 7S il y a 4 ans. L’Epiq est le premier modèle, suivi du Peaq, à porter ces lignes plus musclées et minimalistes. Je trouve qu’il a un air de petit SUV américain. Je le constate surtout lorsque je regarde ses hanches marquées, soulignées par des arches de roues cubiques ou encore ses signatures lumineuses.

 

 

À l’avant, ces dernières sont prises dans un bandeau noir créant à la fois, la calandre typique de Skoda et un double étage venant apporter de la stature à la face avant. Discrètement dissimulées, les vraies optiques, à LED et pouvant être matricielles optionnellement, sont placées derrière un vitrage fumé à l’intérieur du cerclage. En revanche, impossible de ne pas penser à Jeep en voyant ces huit aérations sur la partie basse du bouclier. Derrière elles, des clapets actifs s’ouvrent pour refroidir la batterie en cas de besoin tout en améliorant la traînée aérodynamique.

 

 

Le profil assez lisse, est divisé en deux par des contours de caisse en plastique brut qui viennent intelligemment camoufler l’incrustation du pack batterie placé sous le plancher. Sous les ailes marquées, vous apercevez les jantes allant de 17 à 20″, notre modèle d’essai étant ici monté avec les jantes de 18″ venant de série sur la finition Clever. La First Edition, seule finition ayant droit aux jantes de 20″, est reconnaissable par son bi-ton et ses inserts oranges, que l’on va également retrouver à l’intérieur avec une sellerie claire spécifique aux surpiqûres et ceintures oranges. Si vous aimez les couleurs flashy, dépêchez-vous !

 

 

Comme à l’avant, la face arrière se dote de la signature lumineuse en T apparue sur le concept 7S. Les feux sont reliés à l’imposant bouclier par un insert en plastique apportant un esprit baroudeur au SUV proposé en 6 couleurs : les classiques gris, noir, blanc mais également des teintes plus colorées comme un beige, un vert ou encore le beau « Rouge Jaspe » de notre modèle, tout de même facturé 1020 €.

 

 

 

Généreusement spacieux

Je vous ai déjà rapidement parlé de l’habitacle haut en couleur de la First Edition mais rassurez-vous, les autres selleries sont plus discrètes. On en compte trois, toutes en tissu : une noire, une grise et noire ou encore une vert menthe matchant parfaitement avec la teinte extérieure « Vert Timiano ».

 

 

Sur une voiture de cette gamme là, je dois dire que je m’attendais à quelque chose de très plastique, cependant j’ai été agréablement surpris de retrouver beaucoup d’éléments moussés. C’est le cas des zones où l’on retrouve ce simili cuir gris fait en plastique recyclé rappelant des galets et de la planche de bord. Cela dit, j’aurais apprécié que les parties latérales de la console centrale soient également vêtues de ce revêtement, car le plastique dur de celles-ci fait rapidement mal aux genoux.

 

 

La planche de bord accueille deux écrans. Un premier de 5,3″ sert de compteur numérique avec les informations essentielles liées à la conduite. Le second, placé au centre, mesure 13″ et intègre un système d’info-divertissement doté d’Android Automotive. Après avoir passé un peu de temps avec la voiture, je dois dire que je ne l’ai pas trouvé très intuitif.

 

 

On doit parfois appuyer à plusieurs reprises sur un bouton pour arriver dans le menu souhaité car ce dernier est utilisé pour deux menus différents. C’est le genre de petits détails ennuyants lors d’une utilisation quotidienne. Cela dit, Skoda travaille déjà sur de futures mises à jour qui vont améliorer l’expérience utilisateur. En attendant, on pourra profiter d’Apple CarPlay et d’Android Auto qui offriront la possibilité d’utiliser les applications de son téléphone rechargé par induction ou via les prises USB-C de 60 W. On note d’ailleurs un passe-câble bien pratique pour éviter les câbles qui vont dans tous les sens !

 

 

L’habitacle propose de nombreux espaces de rangement généreux, que ce soit sur et sous la console centrale, dans les portes ou encore dans le coffre, le point fort de l’Epiq. On y retrouve 475 L de chargement, dont 25 L sous le plancher. C’est tout de même 75 L de plus que le Kamiq, l’équivalent thermique ! Un frunk arrivera fin 2026 en option, mais d’ici là, on profite d’une petite pochette scratchable, venant de série, dans laquelle on peut ranger le câble de recharge. Elle fait partie des accessoires « Simply Clever » bien pratiques chez Skoda, et la liste est longue : crochets de fixation dans le coffre, gratte-givre, porte-ticket, entonnoir de lave-glace ou encore pochettes à smartphone, le tout de série. Le fameux parapluie est présent à partir de la finition Clever, qui vient aussi avec deux séparateurs de coffre et une boite à lunettes dans la boite à gants.

 

 

Si le coffre se montre très généreux, c’est un peu moins le cas des places arrière. Une fois le siège conducteur réglé à ma taille (1m84) seuls quelques cm le séparent de mes genoux, qui se retrouvent assez hauts à cause du pack batterie situé sous le plancher. En dehors de ça, la garde au toit est bonne et les passagers arrière profitent de deux ventilations, de prises USB-C, d’un accoudoir à deux porte-gobelets ainsi que d’un grand toit panoramique à vélum électrique, uniquement disponible sur la finition Clever et facturé 720 €.

 

 

 

Sous le capot

Si l’on a autant de place dans le coffre, c’est grâce à la plateforme MEB+ qui regroupe tout sur l’avant : moteur et chargeur embarqué. Ce qui libère énormément d’espace à l’arrière.

 

 

L’Epiq est proposé en 3 versions : 35, 40 et 55 avec des puissances respectives de 116, 135 et 211 ch. Si ces chiffres vous rappellent quelque chose, c’est normal puisque ce sont les mêmes que ses cousins, énumérés plus tôt, avec qui il partage son groupe motopropulseur.

Les deux premières embarquent une petite batterie LFP de 37 kWh nets offrant 327 km d’autonomie en cycle mixte WLTP. Les puissances encaissées en DC sont de 50 kW sur la 35 et 88 kW pour la 40, ce qui offrira un 10 à 80% en 33 ou 23 minutes.

 

 

La version 55, que l’on essaie aujourd’hui, vient avec une batterie NMC de 52 kWh nets faisant grimper l’autonomie à 441 km, ce qui se montre bien plus intéressant si vous faites souvent de longues distances. Cette dernière encaisse également une puissance plus élevée, 105 kW en pic sur une borne rapide pour une recharge équivalente effectuée en 24 minutes. Et puis en AC, on va avoir du 11 kW de série et le 0 à 100 % sera fait en 4h50 avec la petite batterie ou 5h30 avec la grande.

 

 

Les puissances de charge n’explosent pas les records mais suffisent amplement à proposer des temps de charge dans la moyenne. Il est toutefois dommage que la pompe à chaleur soit uniquement proposée en option pour la somme de 990 €.

 

 

 

Sur la route

Une fois installé, j’ai immédiatement apprécié la position de conduite car, chose assez rare dans le SUV, on peut bien descendre son siège. Comme le mobilier est placé assez haut, ça donne l’impression de conduire une compacte, voire une berline.

 

 

Les assises se montrent confortables, tandis que les suspensions absorbent bien les imperfections de la route. Je pense que nos jantes en 18″ y étaient pour quelque chose car les flancs étaient plus épais que sur les véhicules de nos confrères. En revanche, les pneus qui équipaient notre modèle n’étaient pas des plus performants. Les 211 ch et 290 Nm distribués aux roues avant ont eu un peu de mal à passer au sol. Si l’on force un peu en sortie de virage, l’ESP s’enclenche rapidement et le train avant se cherche. C’est dommage, car le châssis se montre sain et presque dynamique. La prise de roulis est maitrisée et la direction se montre relativement précise.

 

 

Toutefois, la philosophie du modèle n’est pas d’être une RS mais plutôt de se montrer économe en énergie. Ça, l’Epiq le fait bien ! Sur notre boucle d’essai, principalement faite de départementales et de cols de montagne, nous avons constaté une moyenne de 14,4 kWh/100 km. On descendra donc bien plus bas sur des trajets quotidiens, en ville ou en extra-urbain par exemple. C’est d’ailleurs sur ces types de terrains que l’on profitera le plus du mode One Pedal. Activable à l’aide du sélecteur de vitesse, en le plaçant sur le « B », il est paramétrable sur deux niveaux de puissance via l’écran. Très bien calibré, il offre des décélérations douces jusqu’à l’arrêt.

 

 

Une nouvelle fonction similaire, permettant de réduire la consommation, fait également son apparition sur l’Epiq. Cette aide, pouvant être désactivée, agit un peu comme un régulateur adaptatif, à l’exception qu’elle s’active uniquement lorsque l’on retire le pied de la pédale. Elle permet d’adapter l’allure en fonction de la voiture qui nous précède, dans les descentes ou encore dans les virages serrés. Ce qui se montre utile 80% du temps mais parfois un peu plus désagréable, notamment en ville dans certaines situations.

 

 

En parlant d’aides, l’Epiq est aussi la première Skoda à exploiter le Travel Assist 3.0, la dernière version des ADAS du groupe. C’est toujours aussi convaincant, autant pour ce qui est du régulateur adaptatif et prédictif que pour le maintien dans la file. Le système permet aussi de changer de file automatiquement sur autoroute et de s’arrêter automatiquement aux feux rouges. Le compteur numérique va d’ailleurs nous afficher un logo pour nous signaler quand le feu passe au vert. Plus besoin de se contorsionner pour le voir ! Rassurez-vous, si ce dernier détecte un feu rouge à moins de 20m alors que vous roulez à 50 km/h, il ne va pas piler de lui-même et créer un carambolage !

 

 

Avec toutes ces aides, il y aurait presque de quoi se perdre dans les réglages, mais l’écran central propose de créer des raccourcis afin d’afficher celles que vous souhaitez désactiver rapidement à chaque démarrage, comme l’alerte de survitesse par exemple !

 

 

 

Combien ça coûte ?

Produit en Europe, le Skoda Epiq est proposé en finitions : City, Element, Clever et la First Edition, la finition de lancement.

 

 

L’entrée de gamme City, doté de la petite batterie de 36 kWh, est proposé à partir de 26 470 €. Si vous souhaitez partir sur une version avec une grande batterie, il faudra débourser au minimum 32 070 € en finition City ou 36 500 € pour une Clever. Pour information, notre modèle d’essai doté du pack Voyage et d’une peinture optionnelle est facturé 38 660 €. À ça, il faudra déduire la prime coup de pouce de 3 535 € pour tous et pouvant grimper jusqu’à 6 145 € pour les ménages à faibles revenus.

 

 

Spacieux, confortable et « Clever », l’Epiq réunit tout ce qu’on aime chez Skoda dans un format plus petit et électrifié. Reste à voir si son succès sera aussi important que celui de l’Elroq !

 

 

 

 

Pedro Miguel Silva

Pedro Miguel Silva

Pedro, photographe de métier, je me suis par la suite lancé dans le monde du journalisme automobile. Aujourd’hui c’est avec grand plaisir que je rejoins la « famille » Kambouis pour vous partager l’actualité et la passion automobile ! Aujourd’hui, à l’âge de 25 ans, j’ai la chance de pouvoir essayer différents modèles et de partager ma passion auprès de toute une communauté !.

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