Essai Duster et Bigster Hybrid-G 150 4x4 : un nouveau moteur inédit, une transmission innovante et deux caractères différents ! - KAMBOUIS Blog Auto, Moto & Lifestyle
Essai Duster et Bigster Hybrid-G 150 4×4 : un nouveau moteur inédit, une transmission innovante et deux caractères différents !

Essai Duster et Bigster Hybrid-G 150 4×4 : un nouveau moteur inédit, une transmission innovante et deux caractères différents !

02 Avr 2026 7 min de lecture Stéphane SEGURA

Dacia réussit le pari inédit de proposer un 4×4 hybride bicarburation essence-GPL sur deux gabarits différents, avec un seul et même groupe motopropulseur. Lequel choisir ? Réponse au volant des deux SUV roumains.

 

 

Même moteur, même transmission, même boîte automatique : sur le papier, comparer le Duster et le Bigster en version Hybrid-G 150 4×4 pourrait ressembler à un exercice superflu. Sauf qu’une différence de vingt-trois centimètres de long et d’environ 80 kilos change la façon dont ces deux SUV se comportent, se vivent et s’utilisent. J’ai pu prendre le volant des deux SUV stars de Dacia, dans la région de Nice, et ils ont chacun un caractère bien trempé !

 

 

Une motorisation inédite et très attendue

Sous le capot des deux modèles, la recette est identique : le trois-cylindres 1,2 litre mild hybrid 48 V de 140 ch est couplé à un moteur électrique de 10 ch implanté sur l’essieu arrière pour assurer la traction intégrale. Le tout est géré par une boîte à double embrayage EDC6, une première chez Dacia pour ses versions 4×4. Cette architecture remplace avantageusement l’ancienne transmission mécanique, plus lourde et moins économe.

 

 

La bicarburation essence-GPL complète le tableau. Les deux réservoirs de 50 litres chacun permettent une autonomie théorique dépassant 1 500 km, un argument massue face à n’importe quel concurrent. Avec un GPL affiché autour de 0,98 €/le litre contre 2,00 € pour le SP95, le surcoût à l’achat se rentabilise rapidement pour les gros rouleurs.

 

 

Sur la route, le passage entre les deux carburants est imperceptible, automatique, et l’on oublie vite que l’on roule au gaz. La boîte automatique, fluide et bien étagée, renforce l’impression d’un ensemble cohérent et mature. À noter que des palettes au volant sont présentes pour gérer manuellement les passages de vitesses (bien utile en zone montagneuse). En ville, le moteur électrique arrière prend l’initiative jusqu’à 60 % du temps, abaissant sensiblement la consommation réelle. J’ai noté, aussi bien sur le Duster que le Bigster, quelques à-coups à basses vitesses. C’est assez désagréable, notamment quand on approche d’un giratoire. Ces problèmes devraient être corrigés lors d’une prochaine mise à jour du soft des véhicules.

 

 

Une transmission innovante grâce à l’électrification

Sur les nouveaux Duster et Bigster Hybrid 4×4, il n’y a pas de transmission mécanique entre l’avant et l’arrière. Pas de cardan, pas de boîte de transfert. Les deux essieux sont complètement désolidarisés mécaniquement sans arbre de transmission !
L’avant est entraîné par le moteur thermique + le moteur électrique principal (comme sur une traction classique). L’arrière a son propre moteur électrique, indépendant, qui entraîne directement l’essieu arrière. C’est ce qu’on appelle le 4×4 électrique débrayable.

 

 

En conduite normale sur route, seul l’avant travaille. Le moteur arrière est à l’arrêt, ce qui économise de l’énergie. Dès que l’électronique détecte un besoin  (roue avant qui patine, descente technique, mode 4×4 activé manuellement) le moteur arrière s’enclenche en quelques millisecondes. C’est bien plus rapide qu’un système mécanique traditionnel qui doit embrayer physiquement.

 

 

À l’arrière, il s’agit donc un petit moteur électrique de 28 ch (sur le Duster), alimenté par la batterie 48V du système hybride. Il est positionné directement sur l’essieu arrière, sans boîte de vitesses intermédiaire. Ce qui est fort c’est qu’il peut aussi fonctionner en récupération d’énergie quand tu freines ou que tu lèves le pied, comme un alternateur, pour recharger la batterie 48V.

 

 

Concrètement, ça donne quoi ? Decia nous avait concocté un parcours 4 x 4 très varié : montées, descentes, chemins, boue, gués à traverser… Pour bien connaître le Duster avec transmission 4×4 mécanique, je n’ai vu aucune différence sur ce parcours. Mieux même, l’apport électrique donne du couple immédiatement et permet de franchir les obstacles sans avoir à forcer. Je me pose la question d’une longue étape dans le sable marocain où la transmission 4×4 serait sollicitée pendant des heures sans possibilité de régénération ??

 

 

DUSTER : agile, dynamique et redoutable en tout-terrain

C’est dans sa version 4×4 que le Duster révèle son âme. Plus léger, plus court que son grand frère, il s’engage dans les chemins avec une vivacité déconcertante. La garde au sol de 217 mm, un angle d’attaque de 31° et l’aide de l’électronique permettent de franchir des obstacles que peu de SUV de son prix oseraient aborder. Le passage du mode Eco à l’AWD Lock se fait d’un simple clic : la différence est immédiatement perceptible, le Duster se fige sur ses quatre roues et avance avec une détermination tranquille. Son poids léger fait des merveilles et peut laisser loin derrière de nombreux gros 4×4 bien plus onéreux.

 

 

Sur route, le comportement est sain, prévisible, sans prétention sportive. Le gain de 20 ch par rapport à l’ancienne version TCe 130 se ressent à l’accélération et surtout lors des reprises, plus sereines sur autoroute. La boîte automatique gomme le principal reproche formulé jusqu’alors contre les Duster : un levier de vitesses manuel peu précis. La capacité de remorquage, relevée à 1 500 kg, ouvre également le champ des usages professionnels et de loisirs.

 

 

Concernant l’agrément à bord, j’aurais deux petits reproches à formuler : l’espace vitré est assez réduit par rapport au Bigster avec des vitres plus étroites en hauteur et aucune possibilité n’existe pour monter un toit ouvrant. Résultat : ça manque de lumière et on se sent un peu enfermé dans le véhicule, il ne faut pas être trop claustrophobe !

 

 

BIGSTER : confort, espace et caractère routier

Le Bigster aborde l’exercice avec des ambitions différentes. Son gabarit imposant de 4,57 m de long, son habitacle de cinq places généreux, son coffre gigantesque, son toit ouvrant panoramique et ses matériaux plus premium en font avant tout un SUV familial qui joue la carte de la polyvalence. À bord, la banquette coulissante, le rangement réfrigéré optionnel et le toit panoramique en finition Extreme ou Journey créent une atmosphère plus cossue et statutaire que ce à quoi Dacia nous avait habitués. On se sent bien dans ce Bigster, on a envie de prendre le volant et de partir pour de longs roadtrips, pour affronter toutes les conditions de routes.

 

 

Sur la route, le supplément de masse se fait légèrement sentir dans les relances et dans les compressions, mais le confort en profite, les suspensions absorbant les irrégularités avec plus d’amplitude. La direction manque toujours un peu de mordant, comme sur l’ensemble de la gamme Dacia, mais le comportement général est très rassurant. En off-road, le Bigster s’en sort très bien, même si son empattement plus long impose de choisir ses trajectoires avec davantage de soin qu’à bord du Duster. Le problème viendra plus des angles d’attaque et de sortie pour les gros obstacles, mais ça ne devrait pas concerner beaucoup de clients de ce C-SUV.

 

 

Alors lequel choisir ?

La réponse dépend avant tout de l’usage. Pour les amateurs de sortie de piste, les professionnels ayant besoin d’un vrai 4×4 compact et les budgets plus serrés, le Duster s’impose sans hésiter : plus léger, plus agile, plus abordable de 2 400 €, il accomplit sa vocation aventurière avec un brio renouvelé.

 

 

Pour les familles qui ne veulent pas sacrifier le confort et l’espace, le Bigster représente un choix logique : il ajoute une vraie troisième rangée de légitimité familiale à des capacités tout-terrain très honorables.

 

 

Dans les deux cas, la motorisation Hybrid-G 150 4×4 constitue une proposition sérieuse, peut-être la plus cohérente de la gamme Dacia : polyvalente, économique à l’usage, quasi exemptée de malus en 2026 (seulement 240 €), et dotée d’une autonomie que beaucoup de rivaux hybrides ou électriques lui envieraient.

 

 

Les prix du Duster Hybrid-G 150 4×4 s’affichent à partir de 28 800 € et le Bigster Hybrid-G 150 4×4 commence dès 31 200 €. Les premières livraisons sont prévues au printemps 2026.

Pour ma part, alors que je roule au quotidien en Duster 2, mon choix se porterait plutôt sur le Bigster : plus statutaire, plus confortable, plus polyvalent, il représente le véhicule idéal pour une famille qui aime sortir des sentiers battus !

 

 

 

 

 

 

 

Stéphane SEGURA

Stéphane SEGURA

Web-entrepreneur le jour, Blogueur Automobile & Lifestyle la nuit, je baigne dans le milieu automobile depuis aussi longtemps que je me souvienne. Depuis je cultive cette passion en me rendant régulièrement sur les circuits, les routes de rallye, salons auto, pistes dans le désert … Aujourd'hui, j’ai la chance de pouvoir essayer de nombreux véhicules régulièrement, je vous en parle sur Kambouis.

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