Essai BYD Sealion 5 DM-i : Retour en terrain connu !

Essai BYD Sealion 5 DM-i : Retour en terrain connu !

30 Avr 2026 6 min de lecture Loïc Pontani

Après une berline qui m’avait intrigué sans totalement me convaincre, BYD revient avec un SUV. Et dans un marché saturé de propositions interchangeables, la question est simple : le Sealion 5 a-t-il autre chose à offrir qu’une fiche technique bien remplie ?

 

 

Il y a quelques mois, BYD m’avait donné rendez-vous en région parisienne pour prendre en main la berline Seal 6 avec sa motorisation (super) hybride DM-i. Aujourd’hui, c’est dans le Pays de la Loire que le rendez-vous est donné pour essayer cette fois-ci le SUV Sealion 5, équipé de la même motorisation.

 

 

Je ne vais pas vous refaire l’historique de la marque chinoise, mais ce second essai (sachant que d’autres sont à venir) montre les ambitions de la marque sur le marché européen, et le dynamisme dont elle fait preuve pour atteindre ses objectifs.

 

 

 

Un SUV qui coche toutes les cases… sauf une

Regardons d’abord ce qu’il propose. À l’extérieur, le Sealion 5 ne commet aucune faute de goût. Mais, dans un marché saturé de SUV, ne pas se tromper ne suffit plus : il faut exister ! Ici, la personnalité fait clairement défaut.

 

 

Les touches argentées dans le prolongement des vitres apportent bien une pointe de dynamisme, comme les optiques effilées à l’avant et à l’arrière. Mais, ces éléments pris isolément, ne suffisent pas à créer une identité forte. L’ensemble reste consensuel, presque interchangeable.

 

 

 

Sérieux et sans fausse note à bord

À l’intérieur, on retrouve les écrans déjà vus sur la Seal 6 (y compris celui, toujours un peu trop petit, derrière le volant) accompagnés ici d’une console centrale plus massive.
Les finitions sont toujours très correctes et, globalement, rien ne trahit un positionnement “low cost”. L’ensemble est sérieux, bien assemblé, sans surprise… mais également sans véritable parti pris.

 

 

Bien sûr, il suffit de mettre un peu de musique pour entendre quelques concessions sur la qualité audio, comparativement à certains concurrents équipés de sono Focal ou JBL.

 

 

 

Une conduite qui privilégie la tranquillité

Pour rappel, la partie motorisation de la Seal 6 m’avait laissé sur ma faim, avec des performances en décalage avec la promesse visuelle. On retrouve donc la même motorisation sur ce Sealion 5 : 4 cylindres 1,5L de 98 chevaux associé à un moteur électrique de 197 chevaux pour 212 chevaux combinés. Avec la batterie 13 kWh, le SUV propose 62 km en full électrique, et 88 km avec la batterie de 18,3 kWh. Pour une autonomie totale atteignant les 1000 km. Bref, comme sur le Seal 6, cependant ici l’équilibre est plus cohérent : le ramage se rapporte davantage au plumage.

 

 

Le moteur s’essouffle toujours assez rapidement passés les 100 km/h, la précision de la direction ne vous incitera pas à aller chercher la corde, et la suspension vous invitera à lever le pied avant les courbes, sous peine de voir apparaître rapidement du sous-virage.

 

 

Ce n’est pas une voiture qui donne envie d’attaquer, c’est une voiture qui vous invite à rentrer chez vous. Mais si le dynamisme n’est pas votre critère principal, le Sealion 5 remplit parfaitement sa mission. Il transporte, il rassure, et il le fait de manière globalement très satisfaisante.

 

 

 

La concurrence ?

Difficile car à 32.000 € pour une voiture capable de couvrir 1000 km avec un plein, en proposant 5 vraies places et un coffre, qu’a-t-on vraiment en face ?

 

 

Peugeot 5008 Plug-in Hybrid 225 ch e-DCS7
La première référence est le Peugeot 5008 Plug-in Hybrid 225 ch e-DCS7. Avec ses 4,79 m de long et 1,89 m de large (contre 4,73 m et 1,86 m pour le Sealion 5), il évolue clairement dans la même catégorie. Néanmoins, avec 20 cm d’empattement en plus (2,90 m vs 2,71 m) et un coffre plus vaste (748L vs 463L) le Peugeot plaira beaucoup plus facilement aux familles. D’autant plus qu’avec une autonomie combinée s’approchant elle aussi des 1000 km, dur de les départager. Pour finir, le Peugeot propose un design extérieur nettement plus affirmé, un intérieur plus technologique, ainsi que deux places supplémentaires en appoint. Mais, cet avantage a un prix : il faut compter environ 42 000 €.

 

 

Toyota RAV4 Hybride
On pense ensuite au Toyota RAV4 (4,60 m de long, 1,85 m de large), lui aussi capable de s’approcher des 1000 km d’autonomie. Plus discret dans son style, à l’extérieur comme à l’intérieur, il mise sur l’essentiel : une fiabilité de référence et un réseau dense et rassurant. Mais, là encore, l’addition grimpe rapidement, avec un ticket d’entrée autour de 46 000 €. À ce prix, les passagers ne seront pas vraiment mieux logés que dans le BYD (2,69 cm d’empattement), mais disposeront de plus d’espace pour leurs bagages (coffre de 580L).

 

 

Skoda Kodiaq 1.5 TSI PHEV
Avec ses 4,75 m de long et 1,86 m de large, le Škoda Kodiaq est sans doute le plus proche du BYD en termes de gabarit. Son autonomie atteint elle aussi des valeurs proches des 1000 km, et son comportement routier (notamment avec la suspension pilotée en option) en fait le plus convaincant du lot pour qui recherche un minimum de dynamisme. Et pour les familles, comme d’habitude, Skoda écrase la concurrence, avec 2,79m d’empattement et 910L de volume de
Mais, cette polyvalence se paie : les tarifs débutent au-delà des 52 000 €.

 

 

Et donc ?
Face à ces références bien établies, le Sealion 5 ne rivalise ni sur le plaisir de conduite ni sur le raffinement. Mais, à équipement et autonomie comparables, il vient proposer un gabarit similaire pour 10 000 à 20 000 € de moins.

 

 

 

Le détail de l’offre

En débutant à 31 000 € en finition Confort, ce Sealion 5 est tout simplement imbattable. À ce tarif, l’équipement est déjà très complet et ne donne pas le sentiment de devoir faire des concessions majeures.
La finition Design demande 3 000 € supplémentaires. Elle apporte les sièges chauffants, la caméra 360°, les radars avant, mais surtout une batterie plus généreuse.

 

 

Sur le papier, l’écart peut sembler marginal : 1016 km d’autonomie combinée contre 992 km. Mais, en réalité, la différence se joue ailleurs. L’autonomie en 100 % électrique passe de 62 à 86 km, ce qui peut transformer l’usage au quotidien. Pour certains trajets, cela signifie simplement ne plus utiliser du tout le moteur thermique !

 

 

 

Une équation simple

Au final, le Sealion 5 n’est pas une voiture marquante. Son design manque de personnalité, son comportement routier ne cherche pas à séduire, et certains aspects de sa mise au point restent en retrait face aux références européennes ou japonaises.

 

 

Mais, ce n’est pas vraiment le sujet ! Car à 31 000 €, avec un gabarit équivalent à un 5008 ou un Kodiaq, une autonomie proche des 1000 km et un usage majoritairement électrique possible au quotidien, il vient proposer quelque chose que les autres ne proposent tout simplement pas.

 

 

Pas mieux, pas plus raffiné, mais beaucoup plus accessible. Et c’est sans doute là que se situe le véritable enjeu : non pas dans ce que le Sealion 5 fait moins bien que ses concurrents, mais dans ce qu’il rend possible à ce prix.

 

Loïc Pontani

Loïc Pontani

Quand Stéphane m’a proposé de lui donner un coup de main pour Kambouis, j’ai accepté sans l’ombre d’une hésitation. En effet, je cherchais quelqu’un qui partage ma vision, cherchant à évoquer le côté émotionnel de l’automobile plutôt que de comparer des fiches techniques ou décortiquer des temps au tour. Cela ne m’empêche pas d’avoir une passion pour toutes les automobiles sportives, mais en essayant de conserver un esprit gentleman driver que j’essaierai de vous faire partager.

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