Le Royaume-Uni va-t-il vraiment taxer les voitures électriques ?
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Le Royaume-Uni va-t-il vraiment taxer les voitures électriques ?

18 Juil 2026 3 min de lecture Stéphane SEGURA

Pendant des années, rouler en électrique au Royaume-Uni, c’était un peu le jackpot fiscal : zéro taxe de circulation, zéro taxe carburant, la belle vie. Sauf que ce petit paradis touche à sa fin. Entre une taxe déjà entrée en vigueur et une nouvelle qui arrive en 2028, le fisc britannique compte bien se rattraper.

 

 

Le premier coup de massue : la VED

Depuis avril 2025, c’est terminé, les électriques paient la Vehicle Excise Duty (VED) comme tout le monde, l’équivalent de notre carte grise annuelle. Et pour les modèles les plus chers, il y a même une couche supplémentaire : l’« Expensive Car Supplement », une surtaxe qui tombe sur les véhicules neufs dépassant un certain prix catalogue. Bref, l’avantage quasi-total dont profitaient les conducteurs d’électriques outre-Manche, c’est de l’histoire ancienne.

 

 

Le vrai gros morceau arrive en 2028

Mais, le plus croustillant, c’est pour 2028. Le gouvernement britannique vient de valider le principe d’une taxe au kilomètre pour les électriques, baptisée eVED (Electric Vehicle Excise Duty). Après avoir consulté le public fin 2025 (plus de 5 000 avis reçus, quand même) et légèrement assoupli le dispositif face au tollé, Londres a confirmé : oui, on va vous faire payer au kilomètre.

Le tarif : 3 pence par mile parcouru pour les 100 % électriques, soit environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre. Les hybrides rechargeables s’en tirent un peu mieux avec un tarif divisé par deux, à 1,5 pence par mile. Côté déclaration, rien de très high-tech : vous déclarez votre kilométrage chaque année au renouvellement de votre taxe de circulation, et ça sera vérifié au contrôle technique. Simple à mettre en place, mais pas franchement à l’abri d’un petit arrangement avec la vérité sur le compteur.

Pour se donner une idée, un conducteur qui roule 12 000 km par an devrait débourser entre 260 et 280 euros supplémentaires. Soit environ 22 euros par mois, l’équivalent d’un abonnement Netflix premium. Et à partir de 2029-2030, ce tarif sera indexé sur l’inflation, histoire que le Trésor ne perde jamais au change.

 

 

 

 Pourquoi cette petite douche froide ?

L’argument officiel tient en une phrase : les taxes carburant, ça rapporte de moins en moins avec l’électrification du parc, et il faut bien combler le trou. Un conducteur thermique paie en moyenne 600 livres par an rien qu’en taxes sur l’essence ou le diesel, contre zéro pour un conducteur d’électrique aujourd’hui. Question d’équité fiscale, dit Londres.

 

 

Ça grince des dents

Forcément, tout le monde n’apprécie pas la nouvelle. L’Automobile Association a carrément parlé de « poll tax on wheels », une référence pas très flatteuse à l’impôt le plus détesté de l’histoire britannique récente. Le SMMT, la voix des constructeurs et concessionnaires, juge le timing complètement à côté de la plaque. Politiquement, ça chauffe aussi : la ministre des Finances Rachel Reeves avait pourtant juré ses grands dieux qu’elle n’envisageait pas de tarification routière.

 

 

 

Une carotte pour faire passer la pilule

Pour amortir le choc, le gouvernement sort quand même le chéquier : l’Electric Car Grant, une enveloppe de 2 milliards de livres jusqu’en 2030, offre jusqu’à 3 750 livres de réduction sur les modèles électriques neufs sous les 37 000 livres. Une manière de dire « on vous taxe, mais on vous aide tout de même à acheter ».

 

 

Ça arrive en France ?

Pas de quoi se sentir totalement à l’abri de ce côté-ci de la Manche. Avec 13 milliards d’euros de recettes de TICPE qui risquent de fondre à mesure que le parc s’électrifie, le sujet finira forcément par arriver sur la table. Pour l’instant, silence radio côté gouvernement français, mais l’exemple britannique pourrait bien inspirer nos décideurs dans les années à venir. Il sont en général très imaginatifs quand il s’agit de taxer les automobilistes !

Stéphane SEGURA

Stéphane SEGURA

Web-entrepreneur le jour, Blogueur Automobile & Lifestyle la nuit, je baigne dans le milieu automobile depuis aussi longtemps que je me souvienne. Depuis je cultive cette passion en me rendant régulièrement sur les circuits, les routes de rallye, salons auto, pistes dans le désert … Aujourd'hui, j’ai la chance de pouvoir essayer de nombreux véhicules régulièrement, je vous en parle sur Kambouis.

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