Essai Mercedes-Benz CLA 250+ EQ Shooting break : break de chasse électrifié ?

Essai Mercedes-Benz CLA 250+ EQ Shooting break : break de chasse électrifié ?

19 Juin 2026 11 min de lecture Pedro Miguel Silva

 

En 2025, Mercedes dévoilait son premier modèle doté d’une architecture 800 V. Premièrement apparue en berline, la CLA se décline à présent en shooting brake, carrosserie que l’on a déjà vue sur les précédentes générations du coupé germanique. Si la berline avait conquis le public de par son efficience et son autonomie généreuse, son habitabilité arrière l’était moins. Mais alors, est-ce que cette nouvelle déclinaison corrige le tir ? Réponse en quelques lignes après être allé l’essayer sur la côte basque !

 

 

 

Ciel… euh, carrosserie étoilée

Entre le logo et la calandre vêtue de 142 étoiles, toutes illuminées, il est impossible de la confondre. Qu’on aime ou non, on ne peut pas lui enlever que ça a un sacré cachet, notamment de nuit. Couplé à notre finition AMG Line, la face avant offre un look racé et élégant. Un bandeau lumineux surligne le tout et laisse apparaître d’autres étoiles dans les blocs optiques full LED.

 

 

Le seul indice qui laisse paraître qu’il s’agit d’une voiture électrique est la calandre pleine, car autrement, on ne se doute pas une seconde qu’il s’agit d’une électrique. En effet, les artifices habituellement utilisés pour masquer l’épaisseur du pack batterie au niveau des bas de caisse, comme les lignes marquées ou les bandeaux noirs, sont ici absents. Le profil est donc adouci et lissé, comme les poignées affleurantes qui viennent améliorer le flux aérodynamique. Seul détail que je trouve un peu dommage, le chrome sur ces dernières n’est pas passé en noir lorsque l’on opte pour le black pack comme ici.

 

 

Basé sur la nouvelle plateforme modulaire MMA, ce break dispose des mêmes dimensions que la berline, soit 4m73 de long, 1m85 de large et 1m47 de haut. Cela dit, son profil est complètement différent. La ligne de toit va plus loin et rend sa silhouette particulièrement fluide. Posée sur ses jantes de 18″ (pouvant aller jusqu’à 19″), notre CLA, vêtue de la teinte MANUFAKTUR Rouge Jacinthe facturée 1200 €, a fière allure. J’ai toujours trouvé que les shooting break avaient un truc en plus, et encore plus ces dernières années avec la suprématie des SUV au détriment des berlines et break.

 

 

Comme il n’y avait pas encore assez d’étoiles, du moins à leur goût, Mercedes en a encore ajouté dans les optiques arrières. Ceux-ci sont reliés par un bandeau en pointillés qui, avec les fausses sorties d’air placées aux extrémités du bouclier, élargissent visuellement la face arrière arrondie. Un diffuseur, entièrement noir avec le black pack, vient ajouter un peu de dynamisme à l’ensemble.

 

 

 

Plus spacieuse ?

L’habitacle nous accueille avec le Super screen, un ensemble de trois écrans remplaçant complètement la planche de bord. Le premier est le compteur numérique de 10,25″, ce dernier propose différents affichages dont les classiques aiguilles, la navigation en plein écran ou encore les aides à la conduite et peut être couplé, optionnellement, à un affichage tête haute. Sur l’écran central de 14″ nous retrouvons le GPS par Google Maps en vue satellite, très pratique pour trouver n’importe quel restaurant sans difficulté.

 

 

Il s’accompagne bien évidemment d’un planificateur afin de gérer vos recharges lors de vos déplacements. C’est aussi par cet écran que l’on va contrôler la climatisation, l’éclairage d’ambiance, le style des menus ou encore le son moteur artificiel réservé à la finition AMG Line. Contrairement aux deux précédents, le troisième écran ne vient pas d’office mais en option. Il permettra au passager avant de s’occuper lors des longs trajets en écoutant de la musique, en regardant des vidéos sur différentes plateformes ou encore en jouant à des jeux.

 

 

La connexion de votre smartphone à Android Auto ou Apple CarPlay se fera en filaire ou en sans fil et vous permettra d’écouter vos chansons préférées sur le système audio Burmester à 16 haut-parleurs, lui aussi disponible en option. Pendant ce temps, vous pourrez recharger votre téléphone à l’aide des prises USB-C de 100 W ou encore par le chargeur à induction, non ventilé, mais directement refroidi par la climatisation diffusée par les aérateurs.

 

 

Comme toujours chez Mercedes, différents types et coloris de sellerie sont proposés. Ici nous avons le classique noir surpiqué rouge, mais il est également possible d’opter pour une sellerie blanche et noire, blanche et noire surpiquée rouge ou encore une rouge et noire plus rare néanmoins très réussie. Les sièges avant réglables électriquement sont, comme le volant, chauffants et peuvent se doter d’une fonction massante pour 100 €. Mais, la personnalisation ne s’arrête pas là car il est possible de choisir entre différents types d’inserts, notamment certains en bois, qui seront apposés sur les panneaux de portes ainsi que sur la console centrale.

 

 

La ligne de toit de cette shooting brake facilite l’accès aux places arrière et permet de grappiller environ 2 cm de garde au toit, les personnes de plus de 1m80 seront donc plus à l’aise au second rang. Cela dit, l’espace aux jambes est assez étroit pour une voiture de cette longueur et il est difficile de passer les pieds sous les sièges si les passagers avant ont abaissé ceux-ci. Les genoux sont également placés assez haut à cause de la batterie, ce qui n’offre pas une position idéale pour des longs trajets en tant qu’adulte. Toutefois, les enfants seront eux bien installés et profiteront de ventilations individuelles, d’un accoudoir, de prises USB-C ainsi que d’un grand toit panoramique venant de série.

 

 

Vos bagages prendront place dans le coffre, plus grand de 50 litres face à la berline, pour un total de 455 litres. Une fois la banquette, divisée en 40/20/40 rabattue, on profitera d’un volume de 1290 L. Un sous-plancher est également présent pour ranger les câbles de recharge, même si on préfèrera les stocker dans le grand frunk de 101 L !

 

 

 

Sous le capot

Basé sur la nouvelle plateforme modulaire MMA, le shooting brake dispose des mêmes spécifications techniques. On retrouve donc 3 versions :

– La 200 de 224 ch et 335 Nm, pour un 0/100 km/h en 7,6, vient avec la plus petite batterie de 58 kWh qui offrira jusqu’à 525 km en cycle mixte WLTP
– Ensuite nous avons la 250+ avec ses 272 ch et 335 Nm qui abat le 0/100 km/h en 6.8 s. Cette version est en quelque sorte la Long Range puisqu’elle reste propulsion mais vient cette fois-ci avec la grande batterie de 85 kWh qui permet d’avoir la plus grande autonomie sur ce modèle, soit 768 km toujours en cycle mixte WLTP.
– Et enfin nous avons la 350 4Matic, seule proposition 4 roues motrices, qui affiche cette fois-ci 354 ch et 515 Nm grâce à un second moteur placé à l’avant. Ce qui lui permet d’atteindre 100 km/h en moins de 5 s. Elle s’équipe également de la grande batterie de 85 kWh mais offre une autonomie plus faible de 743 km, vous l’avez compris, en mixte WLTP.
Peu importe la version, leur vitesse maximale sera de 210 km/h.

 

 

Les autonomies sont donc légèrement plus faibles que celles de la berline mais restent tout à fait bien au-dessus de la moyenne. Tout comme les recharges, car en DC la petite batterie encaissera jusqu’à 200 kW pour un 10 à 80 % effectué en 20 minutes et la grande batterie prendra 320 kW pour une recharge du même type d’une durée de 22 minutes. En AC, le chargeur embarqué de 11 kW sera proposé de série tandis qu’il sera possible de passer sur du 22 kW moyennant 700 €. Une seconde option, au même prix, permet de se recharger sur les bornes 400V, se faisant de plus en plus rares sur nos grands axes, donc pas nécessairement obligatoire.

 

 

 

Sur la route

C’est là que j’ai le plus apprécié cette CLA. Celle-ci se montre confortable avec des assises, certes fermes, mais offrant une bonne position de conduite grâce à leurs repose genoux manuels. Les suspensions pilotées, proposées en option, adapteront leur rigidité en fonction du mode de conduite sélectionné : Eco, Confort ou Sport. Dans ce dernier, on va retrouver une voiture davantage dynamique avec des reprises vives et une direction plus directe, la rendant très plaisante à emmener sur les routes plus sinueuses. Ce combo offre une polyvalence assez plaisante au break qui plaira aux papas pressés !

 

 

Les 272 ch sont au rendez-vous et se montrent amplement suffisants au quotidien, avec un couple instantané pour des relances franches en cas de besoin. Le feeling de pédale de frein « by wire » rend le freinage plus naturel malgré le fait que tout soit électronique. Cette impression est due au fait que le freinage régénératif se marie parfaitement bien avec le freinage dit classique, via les plaquettes, ce qui nous évite de ressentir le « on/off » dans la pédale lors de sa manipulation.

 

 

Toutefois, je n’ai pas été conquis par le système de régénération. Celui-ci propose 4 modes : automatique, qui va s’adapter en fonction du tracé, il va par exemple ralentir à l’approche d’un rond-point, ensuite nous avons le mode désactivé, intermédiaire et One Pedal, allant jusqu’à l’arrêt. Le niveau moyen est, à mon sens, pas assez puissant et le One Pedal, au contraire, l’est de trop, ce qui le rend un peu compliqué à gérer avec précision. J’aurais aimé avoir un palier supplémentaire pour avoir quelque chose de plus progressif. Cela reste un avis personnel et ça plaira peut-être à d’autres, dans tous les cas il permettra tout de même de grappiller quelques kilomètres d’autonomie et de réduire les consommations, parlons-en d’ailleurs.

 

 

Sur notre essai incluant une portion assez mixte mélangeant autoroute à 130km/h, départementale ainsi que de l’urbain, nous avons constaté une consommation moyenne de 17 kWh/100 km. Sachant que cette moyenne est tout à fait optimisable car nous n’avons pas joué l’eco conduite tout du long, notamment en montagne lors de l’essai du mode Sport. Je trouve ces consommations maitrisées, ce qui est en partie dû au fait que la CLA dispose de deux vitesses qui vont s’adapter en fonction des besoins du conducteur et du type de route sur laquelle on évolue. Sur l’autoroute, à vitesse plus élevée, on va être sur le second rapport pour réduire les consommations.

 

 

C’est aussi sur ce terrain que l’on va profiter des ADAS très complètes de la CLA. Le régulateur adaptatif et prédictif nous ralentit en douceur et adapte son allure aux virages et rond-points qu’il va passer à une vitesse de 25 km/h avant de réaccélérer en sortant. Le centrage dans la voie est bon et maintient même sur les virages plus serrés. En revanche, j’ai remarqué qu’il avait tendance à faire quelques corrections sur les longues courbes. En dehors de ça, il se montre convaincant, comme le changement de file automatique. De plus, elle embarque également l’avertisseur d’angle mort, plusieurs caméras offrant une vision 360° ainsi qu’un assistant de parking complet et efficace.

 

 

 

Pour finir

Mais, tout cela a un prix. Pour acquérir cette CLA Shooting brake, il faudra compter 1400 € de plus que pour la berline, soit 49 450 € pour une 200 en finition Progressive Line. La 250+ débute elle à partir de 55 700 € et la 350 4Matic grimpe à 64 950 €. C’est presque le tarif du modèle présenté ici qui s’affiche à 71 200 €, ça pique ! Cela dit, notre modèle dispose d’un peu plus de 10 000 € d’options, ce qui fait rapidement grimper la facture.

 

 

Cette CLA montre de quoi est capable la nouvelle plateforme MMA, qui va prochainement être déployée sur de futurs modèles comme le futur GLA et Classe A. Ses recharges rapides et son autonomie généreuse lui permettent d’avaler les kilomètres facilement tout en offrant un usage polyvalent, très appréciable au quotidien. Si quelques points sont optimisables, comme la régénération ou l’ergonomie des quelques touches tactiles (gestion de l’affichage du compteur sur le volant ou le volume), j’ai trouvé cette CLA SB EQ réussie dans son ensemble. Et si vous souhaitez encore plus d’espace, tout en gardant les mêmes spécifications techniques, le GLB EQ que nous avons essayé (article à suivre), est peut-être celui dont vous avez besoin !

 

 

 

Pedro Miguel Silva

Pedro Miguel Silva

Pedro, photographe de métier, je me suis par la suite lancé dans le monde du journalisme automobile. Aujourd’hui c’est avec grand plaisir que je rejoins la « famille » Kambouis pour vous partager l’actualité et la passion automobile ! Aujourd’hui, à l’âge de 25 ans, j’ai la chance de pouvoir essayer différents modèles et de partager ma passion auprès de toute une communauté !.

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