Il aura fallu attendre quelques années, mais Volkswagen semble enfin avoir trouvé la bonne formule pour démocratiser sa gamme électrique. Après les ID.3 (essayée récemment dans sa dernière version), ID.4 et autres ID.7, place à une voiture beaucoup plus populaire et mythique : l’ID. Polo. Un nom et une silhouette bien connus, un format compact, une autonomie convaincante et surtout un tarif qui débute sous la barre des 25 000 euros. Sur le papier, la recette est séduisante. Mais cette nouvelle venue a-t-elle vraiment les arguments pour devenir la Polo électrique que tout le monde attendait ? Direction la belle île de Corse et la région d’Ajaccio pour avoir des réponses.
Un design qui retrouve l’ADN Volkswagen
Avec l’ID. Polo, Volkswagen semble avoir compris une chose : pour séduire les automobilistes, inutile de vouloir réinventer la voiture à chaque nouveau modèle électrique en sortant des designs plus dignes d’un Playmobil qu’autre chose. C’est une Polo électrique, on veut donc que ça ressemble… à une Polo !
Fini les lignes parfois un peu trop futuristes des premières ID. Cette nouvelle Polo électrique retrouve un dessin plus classique,, quasi néo rétro, plus rassurant, mais aussi plus élégant. Les proportions sont équilibrées, les surfaces épurées et les signatures lumineuses apportent juste ce qu’il faut de modernité.
Avec ses 4,05 mètres de longueur, l’ID. Polo reste parfaitement adaptée à la ville. Elle affiche néanmoins une présence plus affirmée que sa cousine thermique, notamment grâce à sa largeur de 1,82 mètre.
Autant le dire tout de suite, je suis sous le charme et j’adore le dessin de cette ID. Polo. Ce n’est certainement pas la citadine électrique la plus spectaculaire du marché, surtout face à une Renault 5 E-Tech qui joue ouvertement la carte du néo-rétro. Mais cette sobriété pourrait bien devenir l’un de ses meilleurs arguments car c’est pour ça qu’on achète une Volkswagen !
À bord, Volkswagen a retenu la leçon
Je pourrais reprendre mes impressions de l’article ID.3 Neo, après avoir largement misé sur les commandes tactiles, parfois au détriment de l’ergonomie, le constructeur allemand revient à davantage de bon sens et surtout d’ergonomie.
L’ID. Polo conserve une instrumentation numérique de 10,25 pouces et un grand écran central de 13 pouces, mais elle retrouve aussi de véritables boutons physiques pour les fonctions essentielles. C’est tant mieux car au quotidien, pouvoir régler certaines fonctions sans naviguer dans plusieurs menus change considérablement l’expérience à bord et évite beaucoup d’agacement. De plus, la nouvelle interface ID Software 6.0 avec son interface Android est particulièrement intuitive et ergonomique.
Mention spéciale à l’affichage vintage façon Polo des années 80, les designers ont poussé le jeu tellement loin que l’aiguille se met à trembloter autour des 100 km/h.
La présentation est moderne, les lignes horizontales renforcent la sensation d’espace et l’ensemble est chaleureux. Je me suis senti immédiatement bien dans cette ID.Polo. Et j’ai particulièrement apprécié la qualité de finition (même s’il reste quelques plastiques durs par endroit) et l’association des matériaux (dont beaucoup recyclés) et des couleurs. C’est harmonieux et moderne en en faisaint pas trop.
J’ai juste une interrogation pour les ingénieurs VW : pourquoi diable ce volant est-il aussi grand ? Le dosage de la direction assisté est proche de la perfection, la sensation au volant est naturelle mais quelques centimètres en moins auraient tellement apporté plus d’agrément.
Une bonne surprise : l’habitabilité. Grâce à sa plateforme électrique MEB+ et à son empattement de 2,60 mètres, l’ID. Polo exploite intelligemment ses dimensions compactes. Le coffre annonce ainsi 441 litres, une valeur remarquable pour une citadine de cette catégorie. C’est même davantage que certaines compactes du segment supérieur.
Sur la route : une bonne surprise
Difficile de faire plus exigeant que les routes Corses. J’avoue que je m’attendais à du très consensuel et classique de la part de VW. Et bien j’ai rapidement compris que j’allais avoir le sourire aux lèvres sur la route qui menait à Propriano.
Et pourtant cette ID. Polo inaugure une nouvelle évolution de la plateforme MEB+, avec une particularité importante : contrairement aux premières Volkswagen ID., elle adopte une architecture à traction avant.
Trois puissances sont proposées : 116, 135 et 211 chevaux. Une future version GTI de 226 chevaux viendra également coiffer la gamme.
C’est naturellement la version de 211 chevaux, associée à la batterie de 52 kWh, qui retient le plus l’attention pour ses performances et c’est justement celle que j’ai entre les mains.
Avec un 0 à 100 km/h annoncé autour de 7,1 secondes, les accélérations sont largement suffisantes pour une citadine.
Si je devais résumer la sensation au volant : homogène, fun et facile. Ok, le comportement routier privilégie la stabilité et la facilité de conduite plutôt que les sensations très sportives, néanmoins je sors de cette ID.Polo avec une impression de petit kart. Elle ne prend pas de roulis et enroule les virages avec facilité même à vive allure.
La direction est précise (ce serait encore mieux avec un volant plus petit), tandis que le châssis assure un compromis convaincant entre confort et dynamisme. Car oui, en plus d’être dynamique, elle sait rester confortable et douce.
Reste la question du poids, on est quand même à 1,5 tonnes, et les lois de la physique ont tendance à vous le rappeler dans les épingles. Rien à signaler concernant le freinage qui associe mordant, bonne sensation et endurance.
En ville, dans les petites ruelles d’Ajaccio, cette ID. Polo se faufile et braque court. Le mode One Pedal (2 niveaux de réglages) est vraiment bien calibré et permet réellement de conduire uniquement avec le pied droit. La ville sera son terrain de jeu, mais elle sera tout aussi à l’aise hors agglomération. Je n’ai pas pu la tester sur autoroute malheureusement (because la Corse ^^).
Autonomie, recharge et consommation : de vrais arguments
Deux batteries figurent au catalogue de l’ID. Polo : une version LFP de 37 kWh et une batterie NMC de 52 kWh.
La première permet d’atteindre environ 330 km d’autonomie WLTP selon la version. Elle conviendra principalement aux trajets quotidiens, aux déplacements urbains et périurbains.
La seconde (celle de mon essai) porte l’autonomie jusqu’à 454 km WLTP. Une valeur particulièrement intéressante pour une voiture de ce gabarit.
Côté recharge, la batterie de 37 kWh accepte jusqu’à 88 kW en courant continu, contre 105 kW pour la version de 52 kWh. Volkswagen annonce respectivement 23 et 24 minutes pour passer de 10 à 80 % sur une borne rapide, dans les conditions appropriées.
Question consommation, elle sait rester très mesurée avec des chiffres tournant autour de 13 kWh/100 km sur mon parcours d’essai.
Un prix pas du tout Volkswagen !
C’est sans doute sur le terrain du prix que Volkswagen joue sa plus grosse carte. Avec un tarif d’entrée annoncé à partir de 24 995 euros, l’ID. Polo se positionne directement face aux citadines électriques les plus populaires du marché, à commencer par la Renault 5 E-Tech et la Citroën ë-C3.
La gamme se compose de 3 niveaux de finitions : Trend, Life et Style. Mon modèle d’essai 211 ch 52 kWh Style Bleu Céleste, avec en plus le toit panoramique et jantes de 21″ dépasse les 30 K.
Une stratégie particulièrement offensive pour un constructeur qui nous avait habitués à des tarifs nettement plus élevés sur ses modèles électriques. Évidemment, ce prix concerne la version d’accès, équipée de la petite batterie de 37 kWh et de la motorisation de 116 chevaux.
Volkswagen revient à l’essentiel
Alors ? Après 51 ans de carrière et plus de 20 millions d’exemplaires vendus, cette 7ème génération est-elle digne de porter le nom Polo ? Avec l’ID. Polo, Volkswagen semble avoir enfin trouvé LA réponse que ses clients attendent. Pas de révolution esthétique, pas de démonstration technologique inutile, mais une voiture pensée pour répondre aux attentes du plus grand nombre.
Son design rassurant, son habitabilité généreuse, son ergonomie retrouvée et son autonomie pouvant dépasser 450 km sur le cycle WLTP constituent de sérieux arguments. Mais cette ID. Polo possède une qualité essentielle : elle ne cherche pas à être une voiture électrique différente des autres. Elle cherche simplement à être une bonne Polo !




























