L’après-covid a marqué un tournant dans les essais Automobiles. Depuis quelques années, les essais sont speed, trop speed. On ne conduit que quelques heures (avec de la chance) et il faut se faire une idée des qualités des véhicules et créer son contenu (photos, vidéos), en quelques minutes, car on n’a tout simplement pas le temps… Vite l’hôtel pour la conférence de presse (et en plus il fait nuit à 17h en hiver), vite l’aéroport, vite, vite, vite !
Aussi, quand les équipes d’Audi France m’ont convié à un Road Trip de 3 jours en Andalousie pour découvrir la gamme e-hybrid du constructeur aux anneaux, j’ai relu le mail 3 fois pour savoir si j’avais bien compris ^^
Bref, j’arrête de raconter ma vie et juste avant d’attaquer le compte rendu de ces essais, un immense merci à Audi France pour nous avoir laissé le temps de créer du contenu. J’ai pris énormément de plaisir et je pense que ça s’est vu dans mes stories Instagram (à retrouver ici) pendant ces 3 jours d’essais.
Audi est un pionnier en matière d’hybridation. Que ce soit avec ses premiers modèles Audi 100 duo en 1989 ou ses succès aux 24h du Mans avec ses protos hybrides, Audi a marqué l’histoire par ses innovations hybrides tout au long de son histoire. Avec sa gamme renouvelée, basée sur la plateforme PPC, A5, Q5 et A6 repoussent les performances hybrides pour offrir plus de dynamisme et de polyvalence à ses clients.
3 jours sur les routes d’Andalousie avec la gamme e-hybrid Audi : c’est parti !
1ère étape : Aéroport de Malaga – Finca la Bobadilla (70 km)
Une entrée en matière en douceur et une mission simple à relever : relier l’hôtel du soir en utilisant uniquement la propulsion 100% électrique. Un parcours assez valonné constitué de voies rapides, d’autoroutes et de nationales m’attend, et j’ai bien l’intention de jouer le jeu à fond.
Pour ce premier run, mon choix sur porte sur la berline A6 e-hybrid quattro 367 ch dans une superbe teinte Brun Madère. Une première pour moi au volant de cette nouvelle A6. Statutaire, imposante, qualitative… Cette A6 impressionne avec son regard « étiré » et son dessin fluide.
Le moteur est constitué d’un moteur thermique 2.0 TFSI 252 ch, auquel s’ajoute un moteur électrique de 143 ch intégré dans la boite automatique. La batterie a une capacité de 25,9 kWh (capacité de recharge à 11 kW).
Avec presque 4m90 de long, elle offre une habitabilité flatteuse mais surtout un Cx record de 0,23, qui lui permet, sur le papier, de réaliser des prouesses en matière d’efficience et de consommation.
Mais revenons au défi du jour que je décide de relever hyper sérieusement. Mode électrique enclenché, je joue avec les palettes au volant de récupération d’énergie dans les descentes et freinages pour récupérer le maximum d’énergie. Je prends l’aspiration des camions pour offrir le moins de résistance au vent et garde le pied léger sur l’accélérateur. Bref, j’optimise au max !
Avec le trajet programmé sur le GPS de l’A6, la gestion de l’énergie intelligente du véhicule met tout en œuvre pour optimiser le trajet. Sur un trajet mixte électrique/thermique, c’est encore plus flagrant, mais j’y reviendrai.
Les 70 km ne sont qu’une formalité et j’atteins l’hôtel avec encore pas mal d’autonomie restante. D’après les indications du tableau de bord, j’aurais pu faire 110 km en tout électrique. Mission plus que le relevée puisque votre serviteur remporte même le prix de la meilleure consommation 100 % électrique pour ce défi ^^
2ème étape : Direction Séville (300 km)
Pour cette deuxième journée, je garde ma superbe A6 afin de la découvrir en conduite mixte électrique thermique. Au programme des routes sinueuses montagneuses, des grandes lignes droites désertiques, du soleil, des orages et une arrivée finale dans la vieille ville de Séville.
Le parcours fut plus que varié : virages, lignes droites, routes parfaites, routes défoncées, bref de quoi vraiment se faire une bonne idée des qualités du véhicule. Justement sur des chaussées dégradées, le système de suspension pilotée Adaptative Air gomme littéralement les aspérités de la route. Je n’ai pas souvenir d’avoir conduit plus efficace, c’est bluffant.
Quant aux 4 roues motrices et directrices. Sur les routes de montagne, notre « grosse » A6 a montré un dynamisme plus que surprenant, elle réagit vite aux changements de directions et enroule les courbes les plus serrées avec une aisance assez incroyable. J’avais plus l’impression de conduire une compact sportive qu’une berline de 4,90 m et de 2,2 tonnes !
Cette A6 peut vous transporter pendant des heures dans un confort et un silence royal, c’est une vraie machine à absorber les kilomètres. Le comble pour cet engin de plus de 360 chevaux, la consommation flirte gentiment avec les 5l/100 km sans faire particulièrement attention.
Pour terminer de me convaincre, les derniers kilomètres dans la partie antique de Séville ont mis en avant l’avantage des 4 roues directrices en milieu urbain. Des ruelles étroites tournant à 90 degrés, des trottoirs hauts, des voitures mal garées, rien n’était facile pour cette immense berline et pourtant elle a réussi à se faufiler, telle une ballerine au milieu d’un champ de mines, pour atteindre l’hôtel étape pour la nuit, bluffant !
Alors oui, cette A6 est impressionnante par les prestations proposées, ça reste une berline d’exception à bien des niveaux… notamment au niveau du tarif ! En effet, ma version d’essai très bien équipée était affichée 105 000 euros ! Alors oui c’est diablement efficient au niveau consommation, mais le ticket d’entrée reste très élevé pour bénéficier de cette technologie d’excellence même si les clients s’orienteront très certainement plus vers un leasing.
Un modèle plus modeste dans la gamme Audi permet-il de goûter aux joies du e-hybrid ? Réponse le lendemain !
3ème étape : Séville – Malaga (250 km)
Dernière journée. Je passe sur l’Audi Q5 Sportback e-hybrid quattro 299 ch. Ce Q5 est moins exclusif que l’A6 et va me permettre de tester le moteur 299 ch qui représentera le gros des ventes de cette gamme e-hybrid.
Premier constat, ce Q5 est plus passepartout et attire moins l’œil des passants, surtout dans cette livrée blanche. Sa ligne est même un peu trop consensuelle, je regrette un peu qu’il n’ait pas plus de personnalité ! Ce Q5 est plus compact que l’A6 mais mesure quand même 4,69 m.
Au volant, je remarque immédiatement qu’il y a un peu moins de réponse à l’accélérateur. Ça reste néanmoins très largement suffisant pour une conduite dynamique. Niveau confort, même en absence de suspension pneumatique, le confort reste de haut niveau. Le Q5 absorbe les aspérités du bitume andalou sans toutefois atteindre le niveau d’excellence de l’A6. Et pourtant, avec sa finition S Line, la suspension est abaissée de 20 mm.
Un mot sur le freinage (valable également pour l’A6). J’ai souvent roulé à bord de véhicules hybrides dont je détestais vraiment le « toucher » de la pédale de frein. Vous savez, cette sensation d’appuyer et que rien ne se passe pendant quelques dixièmes de secondes. Ce n’est absolument pas le cas sur cette gamme e-hybrid, le freinage est remarquablement géré niveau sensation et efficacité et pourtant, près de 90% des phases de freinage sont gérées par le moteur électrique !
Niveau consommation, toujours sans faire particulièrement attention, je reste dans des niveaux plus qu’impressionnants avec une moyenne de 5 l / 100 km. Je laisse la gestion intelligente de l’énergie tout diriger à partir du trajet GPS, pourquoi s’embêter quand la technologie nous aide et s’occupe de tout !
Question budget, je pensais découvrir une version plus abordable, mais le tarif de mon Q5 n’est finalement pas si éloigné de l’A6 : 90 190 euros. Autant l’A6 me semblait justifier son tarif, autant je trouve que pour ce Q5 ça commence à faire beaucoup par rapport aux prestations proposées (je n’avais même pas les sièges en cuir).
Un mot sur les nouveaux intérieurs de ces Audi e-hybrid. Nous les avons déjà présentés dans plusieurs essais sur le blog. Je ne vais pas m’étendre dessus, je ne suis pas un grand fan de ces immenses écrans courant sur toute la largeur du tableau de bord. Je trouve qu’esthétiquement ce n’est pas très bien intégré mais c’est la tendance (rien à dire sur le système d’infodivertissement, c’est efficace et rapide). À mon sens, l’ancienne génération d’Audi A6 disposait d’un intérieur visuellement beaucoup plus classe et premium, question de goûts !
e-hybrid, la solution ?
Je ramène mon Audi Q5 à l’aéroport de Malaga, étape finale de ce Road Trip Audi et vient la question du bilan.
Cette gamme e-hybrid regorge de qualités. Oui, le meilleur des 2 mondes est bien possible : un moteur électrique avec une grande autonomie associé à un moteur thermique agréable, le tout géré par une technologie parfaitement maitrisée. Oui, l’efficience est bien au rendez-vous avec des consommations atteignant des niveaux ridicules pour des véhicules de cette gamme. Oui, le plaisir de conduite est bien présent avec des systèmes 4 roues directrices, quattro et des suspensions pilotées permettant « d’avaler la route » facilement. C’est même bluffant par moment, surtout sur l’A6 qui semble repousser les limites de la physique !
Reste la question du budget, on est clairement dans le domaine du premium. Ces technologies resteront accessibles à peu de conducteurs, sauf pour une certaine clientèle professionnelle qui aura la chance de rouler au quotidien avec ces formidables machines à voyager !
Audi démontre en tout cas qu’elle reste un des leaders en matière de technologie hybride. En sera-t-il de même sur les circuits de Formule 1, où l’hybride sera poussé dans ses extrêmes retranchements ?

























