On a déjà utilisé tous les superlatifs avec Tesla. À l’image de son patron fantasque, Elon Musk, la marque californienne peut être qualifiée d’aussi énervante que géniale !
Si les Model S (avec la P100D déjà essayée ici) et Model X ne sont pas vraiment adaptées à nos petites routes européennes, leurs tarifs achevaient de nous dire « non ce n’est pas pour moi ! ».
En lançant la Model 3, Tesla change la donne et propose un véhicule 100% électrique aux performances folles, à l’autonomie rivalisant avec les thermiques et surtout à un tarif venant jouer dans la cour des premium « classiques » telles que les BMW Série 3, Mercedes classe C, Audi A4 etc…
Si la naissance de la voiture a été parsemée d’embûches avec de nombreux retards, Tesla a réussi à résoudre ses nombreux problèmes industriels pour désormais livrer ses clients dans des délais « normaux ».
Profitant de l’installation d’une boutique éphémère sur la région de Strasbourg (ouverte jusqu’au 4 Avril à Cora Mundo’), Tesla m’a proposé de «vivre» avec son best seller le temps d’un week-end et plus précisément avec la version Performance de la Model 3.
Esthétiquement, cette Model 3 est très réussie. Sorte de mini Model S, on retrouve cette calandre sans prise d’air et un dessin moderne et agréable. Seul l’arrière n’a pas la même fluidité que sa grande sœur Model S. On pourrait croire que l’on a à faire à un hayon à l’arrière, mais pas du tout, c’est un coffre de berline tricorps et c’est un peu regrettable pour le chargement des objets encombrants.
Less is More
En pénétrant dans l’habitacle, oubliez toutes vos références
, ce que vous avez sous les yeux ne ressemble à rien de déjà connu, même pas à la Model S !
Oubliez les compteurs de vitesse, aiguilles, boutons, molettes …. Devant le conducteur : rien du tout ou plutôt une immense dalle led tactile de 20 pouces, digne des plus beaux iMac, placée au centre du tableau de bord. Oubliez également les différents aérateurs dans l’habitacle : un immense bandeau invisible court le long de la planche de bord, vous dirigez le flux d’air en pointant du doigts la zone à couvrir sur l’écran tactile.
Je suis un grand adepte du « Less is more » et autant dire que je suis fan. C’est spectaculaire, c’est innovant, et surtout ultra pratique à l’utilisation. Les différentes mises à jour du software se font pendant la nuit et elles ne pas là que pour le fun : elles améliorent réellement les performances et l’autonomie en optimisant les différents paramètres.
L’habitacle est ultra lumineux avec un immense toit vitré. Les sièges sont habillés de cuir vegan (du faux cuir d’origine végétal) mais je n’ai pas réussi à trouver une position de conduite optimale. J’ai trouvé l’assise ferme et le dessin des sièges « étrange ». J’étais bien mieux installé dans la Model S. Autre bémol en ce qui concerne la qualité des plastiques, on est loin de ce qui se fait de mieux chez les concurrents allemands : Tesla doit encore progresser dans ce domaine.
À l’arrêt j’ai déjà mille choses à dire et la barre est haute avant même d’avoir parcouru le moindre mètre…
Déçu, vous ne le serez pas !
Jugez plutôt : 3,4 sec de 0 à 100, plus de 260 km/h de pointe, une autonomie de plus de 500 km WLTP, et ces chiffres sont bien réels au volant.
Le tout avec une voiture 4 roues motrices (Dual Motors), au centre de gravité hyper bas et à la tenue de route incroyable. Sur route ouverte, vous n’arriverez pas à la prendre en défaut. J’aimerais bien l’emmener sur un circuit pour voir jusqu’où elle est capable d’aller. Par contre, avec ces jantes 19 pouces, le confort en prend un coup. C’est efficace mais c’est trop ferme à mon goût. Je vous conseille de garder les 18 pouces de série pour une utilisation plus agréable au quotidien.
Je n’évoquerai ici pas les différentes aides à la conduites, je vous en ai déjà largement parlé sur l’essai de la Model S.
Après 2 jours à son volant, on ne peut que s’attacher à cette Model 3. Difficile de faire mieux aujourd’hui en « daily » et je ne suis pas étonné de voir les chiffres des ventes avoir de plus en plus de succès et voir cette Model 3 adoptée par la clientèle professionnelle. En effet, cette Tesla est facturée environ 65000 euros et n’aura ni malus à payer, ni TVS et la recharge reste largement en dessous du coût d’un plein de carburant.
Après la Model S, cette Model 3 m’évoque la même réflexion : Tesla est tellement en avance sur ses concurrents ! La marque californienne propose une voiture aboutie, fiable, livrable en quelques semaines et réellement utilisable au quotidien dans toutes les situations, et surtout… cette Model 3 procure un réel plaisir de conduite.
Dans quelques semaines, la Model Y, déclinaison SUV de cette Model 3, arrivera sur nos routes avec plusieurs mois d’avance sur le planning prévu (enfin ça c’était avant ce ****** de virus). Une chose est certaine : Tesla n’a pas fini de nous surprendre et ne fait plus du tout « rire » les constructeurs traditionnels.