Elle et moi, c’est une longue histoire !
J’en ai parcouru des kilomètres à ses côtés, exploré des châteaux gallois (hantés), affronté le « terrible » toboggan des Ardennes, serpenté dans les montagnes madrilènes ! Que pouvait-elle me réserver encore comme épreuve ? Comment lui montrer que je suis digne de sa noble lignée appelée à disparaitre ?
Je parle de la souveraine de la gamme Audi Sport, l’unique, la sculpturale, la cantatrice : l’Audi R8 ! Et quelle meilleure façon de lui rendre hommage que d’essayer la version anniversaire, une série ultra limitée à 222 exemplaires, aussi exclusive que désirable : la R8 Decennium.
La légende R8
En 2007, Audi présentait sa première supercar : la R8
(en hommage au proto multiple vainqueur des 24h du Mans). Déjà ultra innovante avec sa structure en aluminium, son moteur était alors un V8 ! Rapidement, le mythique V10 (directement issu des cousins de Lamborghini) est venu couronné la noblesse de ce véhicule.
Qui a déjà pris son volant, se souvient à jamais de ses vocalises et de ses envolées lyriques !
Pour l’essai de cette version récemment restylée, le V10 de 5,2 l développe une puissance de 622 ch (+20 cv) tirés d’un moteur 100% atmosphérique, pour une Vmax annoncée à 329 km/h. Et quoi de mieux que de l’essayer sur ses terres natales, plus précisément dans la magnifique Forêt Noire entre Strasbourg et Baden Baden, pour un essai printanier à la météo « dantesque ».
Restylée
Esthétiquement cette nouvelle R8 arbore une nouvelle calandre Single Frame, des ouvertures triangulaires sur la face avant et de fines ouvertures sur le capot en référence à l’Audi quattro de 1983. Les sorties d’échappement sont d’une taille impressionnante, et le nouveau diffuseur arrière renforce son côté bestial. La structure, toujours en aluminium, lui apporte légèreté et rigidité et le V10, toujours en position centrale arrière, hurle toujours juste dans votre dos.
Decennium
La première fois que j’ai vu cette Audi R8 Decennium, ça a été le coup de foudre immédiat :
peinture gris mat Daytona, jantes de 20 pouces couleur bronze, couvre culasse moteur bronze également, surpiqures de sièges bronze, logo Audi noir et sigle Decennium gravé dans le carbone de l’habitacle ! Cette R8 Decennium assume clairement son statut de supercar et les 222 exemplaires construits pour le monde, lui assurent à jamais son statut de pièce exclusive !
Poste de pilotage
A l’intérieur peu de changements : la qualité de finition est toujours magnifique et l’essentiel tombe sous vos mains avec une ergonomie parfaite. La boite S-Tronic réagit à la moindre sollicitation aussi vite que l’éclair. A noter que pour une supercar, elle reste très facile à prendre en main. Les modes de conduite Drive Select s’adaptent à vos envies et lui donnent un caractère très civilisé (limite confortable) si on le souhaite. La transmission quattro est plus intelligente que jamais et veille sur vous en permanence.
Reine des neiges ?
Si ces essais se sont déroulés au printemps, ce week end là, la météo a décidé de nous jouer un mauvais tour ! Et pour cause, alors que nous partions de Strasbourg chaussés en pneumatiques été, la Forêt Noire était balayée par forte une baisse des températures et des chutes de neige. J’avoue qu’au moment de prendre le volant de la belle R8, j’avais à l’esprit la rareté de ce modèle, son tarif (près de 230 000 euros) et les 622 cv qui ne demandaient qu’à me pousser dans le dos.
Alors que la neige commençait à tomber fort sur la Schwarzwald et malgré un rythme soutenu, à aucun moment je ne me suis fait de frayeur. Le système quattro, le Drive select en position Snow, la souplesse du V10 ont géré ces conditions compliquées de façon impeccable. Mes précédents essais (voir début d’article) m’ont permis de me faire une idée sur circuits de l’énorme potentiel de la R8 à la limite, inutile de chercher à brusquer cette princesse dans ces conditions piégeuses !
La dernière danse ?
Le constat est terrible pour tout passionné : avec les futures normes anti pollution, il va être impossible de conserver la future Audi R8 avec son V10 atmosphérique. La future génération de R8 sera certainement hybride ou 100% électrique. Aussi en rendant les clés de la belle R8, je me sens tellement chanceux et privilégié. J’ai pu largement profité de cette noble mécanique et de ce chassis magique. J’ai parcouru en sa compagnie de nombreux de kilomètres en appréciant chaque seconde à son volant. Avec la disparition de ce moteur V10, ce sera la fin d’une époque mais certainement pas la fin d’une lignée : ses descendantes auront les gènes de leur ancêtre et j’espère qu’elles en seront dignes !
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