Qui a dit qu’Audi ne savait pas faire de voitures fun à conduire ? Pas moi en tout cas, et surtout pas après avoir passé 2 jours avec la nouvelle Audi R8 V10 RWS.
Arborant fièrement l’écusson Audi Sport sur sa calandre, c’est quoi une R8 RWS (pour Rear Wheel Series) ? C’est simple, vous prenez une R8, vous lui retirez son système quattro (et quelques 50 kg au passage) pour ne laisser que les roues arrière motrices et vous lancez une série de 999 exemplaires pour le plus grand plaisir des amateurs de pilotage.
Quand en plus vous ajoutez des conditions de pluie diluvienne pour cette première journée d’essais à Madrid, vous obtenez tous les ingrédients pour une journée de glisse et de régalade rythmée par le chant du V10 (testé et approuvé, on peut faire de la musique avec le V10 avec les changements de rapports ultra rapide de la boite S Tronic 7 rapports, vous passez d’une octave à l’autre instantanément ^^).
Audi voulait qu’on glisse ? on a glissé et pas qu’un peu. Heureusement on avait à disposition un « circuit » sur une base aérospatiale à proximité de Madrid. Une immense surface goudronnée nous attend, quelques cônes sont présents histoire d’avoir un semblant de tracé. Je vais pouvoir tester tous les modes ESC et tenter de contrôler ce train arrière et les 540 ch du V10.
Découvrons ces modes ESC
! En Full, même sous la pluie on constate peu de différence avec une R8 quattro « classique », l’électronique gère tout et s’occupera de calmer vos envies quitte à être vite très frustrant. En mode Sport, c’est le bon compromis, sécurité et fun. Il permet d’entretenir quelques dérives tout en restant un garde fou ultra efficace pour l’apprenti pilote trop généreux. En ESC Off : chaud chaud … le seul ESC présent est votre pied droit et votre cerveau et autant dire qu’il faut être ultra raisonnable pour ne pas partir dans un magnifique 360. Là on se rend compte vraiment de la différence avec la version quattro, sans assistance cette RWS est très délicate à piloter, encore plus sous une pluie battante.
Vous voulez encore plus de fun et de sensation ? c’est possible ! Pour encore mieux comprendre l’art de la glisse, Audi Sport avait sorti la version compétition : la R8 GT4 ! Au volant, j’ai le luxe d’avoir 2 pilotes de légende : Frank Biela (5 victoires aux 24h du Mans) et Frank Stippler (vainqueur des 24h Nurburgring et des 24h de Spa). Combinaison Audi Sport enfilée, casque sur la tête, Je passe ma carcasse entre l’arceau de sécurité et m’installe dans le baquet aux côtés de Franck Stippler sous un déluge.
Là les amis, j’ai eu le droit à une grande démonstration de pilotage, tout en maitrise de la glisse, le V10 hurle, les freinages vous arrachent du siège (au bout de 5 secondes j’étais déjà en train de resserrer au maximum les harnais). Quel calme, quel contrôle, c’est juste magnifique à observer : le balai des pieds, les freinages pied gauche, les contre braquages au millimètre au ras des rails… En ressortant, j’ai un peu l’impression d’avoir été essoré dans une machine à laver, mais j’ai un grand sourire et encore plus d’admiration pour ces formidables pilotes.
Place aux essais routiers, autant dire qu’avec la météo cataclysmique, ce seront des essais avec la version coupé (avec ses bandes rouges) et dans un esprit découverte de la voiture et des routes. Une seule séance photo sera possible pendant une rare accalmie de la pluie. Dans ces conditions, avec toutes les aides ESC, cette RWS est aussi sécurisante qu’une version quattro. À noter que nos voitures « routières » étaient équipées en pneumatiques hiver pour ces essais.
Après cette excellente première journée, il est temps de rejoindre notre hôtel au centre de Madrid, le superbe Dear hotel et sa terrasse qui permet une vue à 360° sur Madrid.
Le lendemain, le vent a chassé les nuages, le soleil pointe le bout de son nez, il est temps de prendre en main la R8 RWS Spyder pour de vrais essais routiers dans les superbes montagnes qui entourent Madrid. Il fait frais mais avec @worldsupercar, mon équipier pour ces essais, on se fait un devoir de décapoter le plus tôt possible. La route est sèche, les virages nombreux, la vue superbe, tout est réuni pour une belle journée de roulage.
Autant vous le dire de suite, on ne passera pas un bon moment … Mais plutôt un très très très bon moment tellement cette R8 RWS nous a régalé par ses envolées lyriques, son comportement ultra joueur et sain, et bien sûr son très haut niveau de performance. On a même du mal à croire par moment qu’on n’a pas une version quattro entre les mains, tant sur le sec la motricité est dure à prendre à défaut. Et surtout on garde le gros plus de la R8 : pour une supercar, elle est ultra facile à prendre en mains.
Cette R8 RWS est tellement attachante et affichée au tarif de 143 000 euros, elle est plusieurs dizaines de milliers d’euros moins chère que la version quattro, pour un plaisir de conduite, je trouve, supérieur ! Sachant qu’elle sera certainement la dernière R8 V10 et qu’elle sera produite au nombre de 999 exemplaires, elle risque en plus de prendre très rapidement une belle cote du côté des collectionneurs.
Petite anecdote amusante : pendant ces essais, je me suis rendu compte que entre les essais R8 au Pays de Galles, la session circuit à Spa Francorchamps et ces essais à Madrid, la R8 est le modèle Audi avec lequel j’avais parcouru le plus de kilomètres au volant : dingue non ?
Merci Audi d’oser sortir de si fabuleux jouets pour adultes ! Cette R8 n’est bien sûr pas accessible à toutes les bourses, mais comparées à ses concurrentes et au plaisir qu’elle procure, on pourrait presque la qualifier d’excellente affaire pour une supercar en édition limitée. Elle restera certainement dans l’histoire de la marque et pour très longtemps dans ma mémoire d’essayeur amateur.