Aujourd’hui, petit saut en Pologne, à Varsovie, pour le reveal du nouveau Mercedes GLA. Et Mercedes n’a pas fait les choses à moitié : la marque a transformé la présentation en véritable tournage de cinéma « GLA Studios », un réalisateur qui lance sa prise, « et… action ». Mais le réalisateur en question, c’est Ola Källenius en personne, le grand patron du groupe Mercedes-Benz depuis 2019. Quand le CEO s’installe lui-même dans le fauteuil du metteur en scène pour un SUV d’entrée de gamme, on comprend vite que ce GLA n’a pas le droit de rater son entrée.
Le GLA chez Mercedes, c’est le SUV d’entrée de gamme de la marque. Historiquement basé sur une plateforme partagée avec la Classe A et le CLA, l’ancien GLA, profitant de son architecture de SUV, a été le modèle le plus vendu de cette fratrie.
Avec le non-remplacement prévu de la Classe A, le GLA devrait récupérer une partie des clients de la compacte de la marque, et afficher un succès encore plus marqué. Mais, pour y arriver, Mercedes n’a pas le droit à l’erreur. Le premier pari est déjà de taille : au lancement, ce GLA est tout électrique. Pas une version, pas une déclinaison : les trois modèles du lancement sont 100 % électriques. Les commandes sont ouvertes depuis le 30 juillet, pour des premières livraisons attendues en novembre.
Pourquoi Varsovie ?
Le choix du lieu n’a rien d’anodin. Pas Paris, pas Londres, pas Berlin : Varsovie. La Pologne fait aujourd’hui partie des 15 premiers marchés mondiaux de Mercedes, au cœur d’une Europe centrale en pleine forme. La marque y met les moyens : un tout nouveau Mercedes-Benz Studio, et surtout le premier atelier Maybach d’Europe, après Shanghai et Séoul, rien que ça. Bref, quand on veut lancer le modèle censé faire entrer les jeunes clients dans la famille, autant le faire là où ils sont déjà.
Design
Calandre imposante, signature lumineuse marquée d’étoiles, le SUV en impose, sans pour autant révolutionner le genre. On notera un profil plus dynamique que son prédécesseur.
Ce n’est pas qu’une impression : le nouveau GLA est 20 mm plus bas, mais il s’allonge de 143 mm (4,565 m au total) et gagne 61 mm d’empattement. Silhouette plus basse, voie arrière élargie, roues qui affleurent la carrosserie : le petit SUV a clairement pris des cours de posture. La fameuse calandre illuminée, une première pour Mercedes sur ce segment de compactes, ne se contente pas d’un logo rétroéclairé : 608 points lumineux et 158 micro-LED qui s’animent en rythme avec l’ambiance sonore à bord. On aime ou on trouve ça too much, moi je réserve mon jugement jusqu’à la voir en vrai de nuit.
À l’intérieur, ceux qui ont vu le test du GLC reconnaîtront la source d’inspiration du GLA. On retrouve donc un grand écran occupant toute la largeur de l’habitacle, avec des aérateurs ronds aux extrémités : effet Whaou garanti. L’ensemble fait très qualitatif et on est pressé de pouvoir l’essayer.
Dans le détail, ce « Superscreen » MBUX cache en réalité trois dalles sous une seule vitre : l’instrumentation, l’écran central de 14 pouces, et même un écran dédié au passager (14 pouces lui aussi) pour qu’il regarde Disney+ pendant que vous conduisez. Toit panoramique de série, système Burmester 16 haut-parleurs en option, et un assistant vocal maison qui pioche dans ChatGPT, Gemini et Bing selon la question.
Sous le capot… enfin, sous le plancher
Trois saveurs au menu pour démarrer, toutes électriques. Le GLA 200 électrique ouvre le bal avec 224 chevaux et une batterie LFP de 58 kWh utiles. Au-dessus, le GLA 250+ électrique passe à 272 chevaux, et le GLA 350 4MATIC électrique coiffe le tout avec 354 chevaux, quatre roues motrices et un 0 à 100 km/h en 5,4 secondes . Ces deux-là embarquent une batterie NMC de 85 kWh. Une quatrième version (71 kWh) et, surtout, des hybrides essence « 48 volts » sont annoncés pour début 2027, pour ceux que le tout-électrique effraie encore.
Mais seront-ils nombreux ? Car Mercedes sort l’argument qui fait mouche : jusqu’à 657 km d’autonomie WLTP (préliminaire) sur la version la plus endurante. Mieux, grâce à l’architecture 800 volts, on récupère jusqu’à 270 km en dix minutes de charge. Sur le papier, de quoi calmer pas mal d’angoissés de la batterie.
Prix et concurrence
Les tarifs des 3 versions de lancement ont été annoncés :
GLA 200 électrique (224 chevaux) : 44 400 €
GLA 250+ électrique (272 chevaux) : 50 700 €
GLA 350 4MATIC électrique (354 chevaux) : 54 700 €
Et encore, ce ne sont que les tickets d’entrée. Empilez les finitions (Progressive Line, Business Line, AMG Line, jusqu’à la Business Line Executive) et le GLA 350 flirtera avec les 64 950 euros. Pour un SUV présenté comme le nouveau bas de la gamme, ça commence à faire assez cher.
Côté fiscalité, l’électrique lui évite le malus qui plombe ses cousins thermiques, mais avec un bonus écologique de plus en plus rikiki et plafonné, ne comptez pas trop dessus pour lisser l’addition. Face à lui, le vrai plateau de rivaux électriques : BMW iX1, Audi Q4 e-tron, Volvo EX40, Smart #1... Autant dire que dans ce segment-là non plus, l’effet Whaou de l’écran ne suffira pas, il faudra que le reste suive.
Verdict (provisoire)
Sur le papier et sous les projecteurs, le nouveau GLA coche beaucoup de bonnes cases : plus long et plus bas donc plus dynamique dehors, franchement séduisant dedans, une gamme électrique de 224 à 354 chevaux, jusqu’à 657 km d’autonomie et une charge express qui fait envie. La mission est claire : récupérer les orphelins de la Classe A et les convertir à l’électron. Mais, un reveal, ça ne se juge pas au drap qu’on tire, ça se juge au volant. Pour l’instant, je note l’envie. Rendez-vous à l’essai pour savoir si l’étoile a vraiment « sur-GLA-isé » le GLA, ou si elle s’est contentée d’un joli décor de cinéma !









